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Bref historique de la création de la GLM par le TRF Lindsay Descombes, GM d’Honneur

1968 : Mars 12, c’était le jour de l’indépendance de Maurice. J’entrepris les démarches pour devenir Franc-maçon, sans doute parce que dans mon inconscient j’associais ‘Franc-maçonnerie’ (Freemasonry en anglais) à une certaine idée de ‘liberté’ et d’indépendance

1969 : Janvier 16, j’étais initié dans une des deux loges britanniques qui eurent un contrôle total sur la Maçonnerie ‘régulière’ à Maurice pendant plus d’un siècle. Elles n’avaient pas essaimé.

1991: vingt-trois ans après l’indépendance du pays, je participais à côté des Maçons venus des Loges francophones de Maurice, non reconnues par les deux loges britanniques, à la création de la loge francophone Louis Auguste Ormières No 710 sous les auspices de la Grande Loge Nationale Française.

Mon engagement était motivé par un désir et une volonté de sortir de l’enfermement dans lequel je me trouvais avec les autres Maçons ‘réguliers’ de Maurice englués dans un seul « Rite » que les britanniques avaient introduits depuis plus d’un siècle.
Ma démarche avait aussi une dimension intellectuelle. Je suis un passionné de l’histoire de la Franc-maçonnerie, toujours avide de connaissance et de vérité – ce qui est l’essence même de l’initiation maçonnique.

Association judicieuse et heureuse avec la GLNF
La décision de nous associer avec la Grande Loge Nationale Française (GLNF), une obédience maçonnique multi-rite, me paraissait judicieuse, salutaire et plein d’espoir. La variété de rites proposés et la possibilité de travailler les rituels en Français convenaient avantageusement aux Maçons de Maurice, majoritairement bilingues et de culture, de religion et d’origine différentes. Les adhérents furent plus nombreux et de nouvelles loges furent créées.

De surcroit, la GLNF nous proposait de nous accompagner jusqu’à l’indépendance maçonnique si telle était notre désir. À cet égard, un plan d’action fut établi. Le 12 mars 2005, date du 37ème anniversaire de l’indépendance de Maurice, la GLNF consacra la Grande Loge de Maurice en transférant les sept loges qu’elle avait constituées entre 1991 et 2005 sous la tutelle de la Grande Loge de Maurice, désormais indépendante et souveraine.

Six ans d’indépendance maçonnique
L’indépendance maçonnique de Maurice, telle que nous la concevions, nous affranchit d’un passé colonial de la Franc-maçonnerie, parfois peu glorieux.
En six ans, la Grande Loge de Maurice s’est beaucoup rapprochée des Grandes Loges indépendantes et souveraines de la région lesquelles ont en commun plus ou moins la même histoire de la Maçonnerie que la notre.
La Grand Loge de Maurice est multi-rite et elle s’est forgée une identité à l’image de la société mauricienne, multiculturelle et multilingue. Cette image nous ressemble et nous rassemble.
Les Maçons de Maurice jouissent d’un privilège unique au monde. Ils sont exposés et peuvent ‘interfacer’ avec une dizaine de rites maçonniques parmi les plus connus et pratiqués dans le monde.

Jeune et bel héritage
Que doit –on faire pour préserver ce beau patrimoine maçonnique ?
L’histoire nous apprend qu’il n’y a pas de grand souci organisationnel au niveau des Grandes Loges évoluant dans les sociétés hégémoniques où les loges pratiquent un seul rite. Un rite maçonnique, en général, a souvent une origine socioculturelle, mystique et mythique propre à l’histoire du pays dans lequel il a été né.
Par ailleurs, il convient de souligner des difficultés, parfois difficiles à surmonter, surgissant au sein de certaines Grandes Loges ayant adopté le système multi-rite - au sein duquel on trouve des rites importés ou inspirés d’autres cultures - surtout quand elles (Grandes Loges) évoluent dans des sociétés hégémoniques et nationalistes
Dans une société hétérogène, telle que Maurice, les problèmes peuvent être encore différents.

Tout cela sous-entend qu’il appartient à chaque Grande Loge de choisir et d’adapter le système de rite (mono ou multi-rite) qui convient le mieux à l’environnement socioculturel dans lequel elle évolue et de le gérer le plus efficacement possible. Elle doit pouvoir, en toutes circonstances, veiller et faire respecter le principe sacro-saint, fondamental et hermétique ‘d’unicité’ de l’obédience et avoir un contrôle total sur les rites et les rituels qu’elle pratique. Les Loges et la Grande Loge ne font qu’UN seul corps.

L’avenir
Ayant été dans l’architecture de la Grande Loge de Maurice depuis sa conception, j’ai ouvert la Grande Loge à une multitude de rites, parmi lesquels des rites inconnus à Maurice. Il était important que je mette en place des structures adaptées pour une bonne gestion de ces rites. Les contours de ces structures et la philosophie de la GLM ont été expliqués et font l’objet de plusieurs articles dans le dernier magazine de la GLM (Masonica No 6 – Sep 2010).

J’ai mis tout mon cœur et mon savoir-faire dans ce petit ouvrage et je souhaite que les lignes directrices proposées seront utiles et pratiques, faciliteront la cohabitation des rites et permettront aux Maçons de les vivre et les apprécier sereinement. L’intérêt supérieur de la Grande Loge a toujours primer dans tout ce que j’ai entrepris depuis la création de notre Grande Loge à laquelle j’ai voué, sans jamais douter d'elle et des Frères qui m’ont accompagné, le meilleur de moi pendant ces vingt dernières années. Cette réalisation, je la dois aussi à de nombreux Frères, à des amis et surtout à ma famille.

Que le Grand Architecte protège notre Grande Loge et vous arme de courage et de constance afin que vous puissiez continuer, sous la direction du nouveau Grand Maître de la Grande Loge de Maurice, le TRF Bika Seewoosunkur JHUBOO, qui a toute ma confiance, le travail déjà commencé. Qu’il se poursuive dans la paix et l’harmonie pour le plus grand bonheur des Frères et de la Fraternité universelle.

Long live la Grande Loge de Maurice.

Lindsay Descombes
Grand Maître d'Honneur